L’Oasis de Gafsa

L’oasis historique de Gafsa, à proprement parler, s’étend aujourd’hui sur environ 700 hectares. Avec les extensions sur son flanc sud-est, comprenant les palmeraies d’el-Gsar et de Lala et, à une vingtaine de kilomètres plus à l’est, celle d’el-Guettar, le total du périmètre oasien gafsien couvre une superficie d’environ 3.200 hectares.

En effet, les arbres fruitiers et les plantes maraîchères et fourragères y sont plantés à proximité des canaux d’adduction d’eau à ciel ouvert pour profiter au maximum de l’humidité ambiante et des pertes d’arrosage. Les palmiers, pour leur part, occupent les espaces avoisinants ; quant aux oliviers et à l’orge, peu gourmands en eau, ils sont relégués sur le pourtour de l’exploitation pour ne recueillir que les eaux pluviales et un arrosage d’appoint. Avec le réaménagement des procédés d’irrigation et l’introduction des nouvelles pratiques culturales, le paysage oasien dans la région de Gafsa connaît une mutation notable. On relève une extension de l’arboriculture fruitière et des superficies maraîchères et fourragères, ces derniers répondants à une demande accrue pour les besoins de l’élevage bovin en plein essor, en particulier pour assurer la fourniture de lait frais, dont la production dépasse désormais les 3.000 litres par jour.

Mais peut-être que la principale évolution intervenue dans le domaine agricole, et qui a une incidence notable sur l’organisation de la vie économique de la ville et son approvisionnement en produits alimentaires, est l’éclatement spatial de cette activité qui a débordé le périmètre oasien traditionnel pour essaimer autour de la ville dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres sous forme de plantations d’oliviers, de pistachiers ou d’amandiers sur des milliers d’hectares. Les parcelles irriguées par l’eau des sondages profonds sont dédiées, elles, à des cultures céréalières ou maraîchères, sous-serre ou à l’air libre, et représentent un potentiel nouveau promu à de beaux développements dans le futur. 

 

Miracles de l’eau

Le système traditionnel d’irrigation de l’oasis était alimenté par trois voies d’eau principales, des oueds, selon l’appellation locale, provenant de l’intérieur-même du périmètre urbain. La première est appelée Mâ’ el-Kébir et provenait des “piscinesromaines” et dessourcesissues des griffons au pied de la Kasbah (dansle captage du Tarmîl, les anciens thermes romains) et qui totalisaient un débit de 160 litres/seconde. La deuxième est appelée Tayella, une séguia qui prélevait les 2/5° des eaux des piscines avant leur jonction avec celles de la Kasbah et qui allait irriguer les parcelleslimitrophes de la ville. La troisième, enfin, appelée Mâ’ es-Seghîr, regroupait des eaux provenant de plusieurs petites sources disséminées autour de la médina et dont le débit total était estimé à 100 litres/seconde. L’oasis d’el-Gsar était irriguée par des eaux de sources d’un débit d’environ 70 litres/seconde qui sourdaient dans l’oued Bayech et celles de Lala, de même débit, provenaient de sources situées en amont, sur l’oued Mâleh.

L’Oasis en images